Il y eut le temps de la sidération. Le fracas et les silences. Les cris et la prostration. La course pour la vie et la paralysie de nos pensées.
Il y a le temps du recueillement et celui des hommages, le deuil qui hésite à s’installer.
Le drame n’est plus au Kosovo ni à Kaboul, ni à Jakarta, ni à Bamako, la tragédie est ici, à la maison, sur Nos terres, sur Nos routes de vacances, sur Notre chemin du travail, dans Nos rues. Chez nous, contre nous.
C’est le basculement des certitudes, ce n’est pas encore la colère, c’est le temps des rituels collectifs, celui du droit à la tristesse et des mains qui se rejoignent, c’est le temps de la cohésion sociale qui rassure, c’est le temps où, par delà l’horreur, on veut croire que l’espoir reste possible.
Demain, nous le savons, viendra le temps des fissures, des analyses qui interrogent l’un et culpabilisent l’autre, le temps des accusations, des reproches, …
Le temps des règlements de compte ?
Le temps de la sagesse ?
Saurons-nous inventer l’équilibre ?
André Flahaut
Ministre d'État
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