Commenter sans relâche les épisodes désormais convenus d’une crise politique qui tourne en rond est un exercice fastidieux.
Les partenaires contraints de l’hallucinatoire orange bleue versent chaque jour un peu plus dans la Commedia dell’arte. Le ressort en est la répétition. Note de travail, tour de table, avancées proclamées sur les dossiers sociaux ( là tout le monde est d’accord : « malheur aux pauvres »), ruptures retentissantes de la N-VA, meccanos institutionnels de plus en plus sophistiqués, regards inquiets ou gourmands sur les sondages, analyses apaisantes ou alarmistes des politologues de service. Enfin, nouvelle note de travail pour un nouveau départ… Pour passer le temps, ou les nerfs, à moins qu’il ne faille distraire l’attention, ces gens-là feignent régulièrement de trouver un scandale dans mon département. Ce sont, à chaque fois, autant de pétards mouillés.
Au jeu de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », c’est Bart De Wever (désigné par le quotidien Le Monde comme le « boutefeu de la Belgique ») qui gagne des points. Avec 5 députés N-VA, il est devenu faiseur de roi. Le plus amusant est de voir ses « partenaires », s’accommoder de ses volte-face. La Rue de la Loi, mérite bien d’ingurgiter le fiel flamingant. Avec un peu de sucre ça passe mieux.
La Belgique suscite l’attention mi-amusée, mi-inquiète de toute l’Europe. C’est au tour du quotidien Libération de sortir une édition spéciale sur les « six mois de vacance ». C’est vrai qu’il y a vide de pouvoir. A la place ne reste aujourd’hui que les ambitieux du pouvoir. Seront-ils prêts à tout ?
André Flahaut
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